Archive for the ‘Journal de l’expédition’ Category

Le journal de l’expédition - 5e jour

Friday, April 8th, 2011

Jour 5, doutes et suspicion…



Un réveil dans des draps de lin et un oreiller de brocard est des plus agréable, mais ça ne me fera pas oublier la condition des habitants de ce village.
Le départ me fut difficile, j'avais le sentiment d'abandonner ces gens à leur sort. Mais j'ai une mission et je dois avant tout la mener à son terme.
Sur la route, les discussions allaient bon train au sujet de ce village. C'est agréable de constater que je ne suis pas la seule à m'être sentie mal à l'aise au milieu de toute cette richesse.


En fin de journée nous arrivions, comme prévu à un grand village au pied des montagnes basse des Petites Dents.
D'après notre guide, Galenel, nous allons continuer ainsi au nord en traversant ces montagnes puis celles des Pics Brumeux. Et nous continueront ainsi jusqu'à la Porte de Baldur, nous devrions y être dans 9 jours si tout va bien.
Le village de Feratana, notre halte pour cette nuit, est un grand village spécialisé dans l'herboristerie.
Bori et Lucan m'ont demandé la permission d'aller faire des emplettes au marché de nuit, je n'y vois pas d'inconvénients, mais je ne veux surtout pas savoir ce qu'ils veulent acheter.


...A vrai dire, je les ai vus il y a quelques minutes en train de préparer des mixtures à base de plantes.
Je sais que c'est naïf de ma part, mais je me dis que c'est peut-être des baumes de soins.
Et après tout, ils ont sans doute besoin de produits particuliers pour assurer la sécurité de notre expédition.


Gerlin

Le journal de l’expédition - 4e jour

Thursday, April 7th, 2011

Jour 4, avilissement et servitude



Ce matin, au saut du lit, la mauvaise fortune vint nous frapper. Un messager était arrivé durant la nuit, il portait un message de Durlan.
Pour fêter cet été particulièrement chaud, les elfes de Gwendiamir ont décidé d'organiser une fête à la fin du mois. Et à cette occasion, ils prépareraient un défilé. Ainsi pour notre apollon, le voyage jusqu'à Ruiri était abrogé, il devait rentrer au plus vite pour préparer le défilé. Le clergé de Sunie ne pouvait manquer une telle occasion de montrer qu'ils sont les plus élégants.
Pour ma part, je n'en doutais pas.


C'est ainsi que nous avons pris la route à seulement dix, pour s'éloigner vers l'Est. Les blessures de Foransor n'étant par totalement guéries, c'est Palagern qui a conduit la charrette aujourd'hui encore.
Lui et nos gardes n'ont guère eu de chance, la pluie a été omniprésente tout au long de la journée.
A partir d'aujourd'hui, et ce jusqu'à Beregost, Galenel m'a informé que nous devront avancer douze heures par jour. Et croyez moi, douze heures assis dans une carriole, c'est très long. Je n'ose imaginer ce qu'ont supporté les autres sous la pluie durant tout ce temps.


En fin de journée, enfin, nous avons atteint le village de Gorreint. Un village frappé par un schisme évident entre le peuple et son seigneur.
Tandis que le village est un assemblage de vieilles maisons ravagées et usées par le temps, le seigneur des lieux habite un somptueux manoir saturé par l'opulence et le luxe.
Il semblerait que beaucoup de villageois travaillent au service du seigneur dans son manoir, en revanche je me demandent si ils sont rémunérés pour leur labeur.
Le maître des lieux, un certain Evadinis, un vieil homme impotent, semble considérer son peuple avec mépris et indifférence.
Sa femme, dénommée Ditin, semble tout aussi indifférente au sort de ces villageois, mais je crois discerner une lueur malveillante dans son regard et son attitude. Sans parler de sa manière de montrer son corps telle une fille de joie...
Malgré cet accueil plutôt mitigé, nous avons bien mangés et la nuit fut très agréable. Et nous avons fais des économies puisque qu'ils nous ont offert de la nourriture pour la route.


Gerlin

Le journal de l’expédition - 3e jour

Monday, April 4th, 2011

Jour 3, entrevue avec un ogre



Après la nuit merveilleuse chez les elfes et malgré l'hospitalité irréprochable des hobbits, la nuit fut particulièrement affreuse, mes pieds dépassant du lit, j'ai eu froid toute la nuit, et évidemment je n'ai pas tardé à avoir envie d'un petit pipi.
Ce soir nous devrions être à Murann, je prendrais une chambre à part pour les gardes, je veux passer une vraie nuit, avec des pauses pipi et des lits d'humains.


Ce matin, Foransor est parti à l'orée du bois sans nous en informer, il a commencé à remonter les chariots seul. Lorsque nous sommes arrivés, une heure plus tard, il semblait un peu irrité, je ne doute pourtant pas que nombres d'entre nous serait venu avec lui si il l'avait demandé.


Le voyage jusqu'à Murann à été plus court que les jours précédents, seulement six heures de route nous séparait de notre prochaine étape. Tout se passait bien jusqu'à ce qu'un ogre nous barre la route à une heure à peine de Murann.
Il demandait, semble-t-il, un droit de passage s'élevant à tout ce que nous possédions, une demande des plus étrange à mon avis.
Nos gardes prirent en main les négociations, que j'observais de la fenêtre de notre carriole. Ils étaient parvenus à abaisser le prix à seulement vingts pièces d'or, mais ils refusaient de lui donner en mains propres.
Je dois bien avouer que je ne m'y connais guère en négoce, mais les réticences de nos gardes me semblait absurdes. Même si il est vrai que vingts pièces d'or nous ferais défaut, nous les possédions.
Finalement, avant même qu'un accord ne soit trouvé, plusieurs gobelins on surgit des fourrés alentours et nous ont noyés sous une pluie de flèches meurtrières.
Je crois que je n'ai jamais eu aussi peur de toute ma vie...
Mais finalement le calme est revenu, nos gardes avait triomphé avec vaillance de nos assaillants. Ce sont véritablement de fiers guerriers, ils ont même pu abattre l'ogre monstrueux qui nous barrait la route. Finalement les gobelins ont fuis, et n'ont rien pu voler d'autre que de la paille dans la charrette.
En revanche, Foransor, qui menait la charrette, a été sérieusement blessé, il a reçu plusieurs flèches gobelines et a frôlé la mort. Par chance nos deux prêtres ont pu soigner ses blessures.
J'ai tenté d'en discuter avec lui par la suite, mais il m'a simplement répondu qu'il était au mauvais endroit au mauvais moment, mais que ses blessures le ferait sans doute moins souffrir après une bonne nuit de repos. Si j'avais été à sa place, je crois que je refuserais de sortir avant quelques années de peur de revivre ça!


La journée ayant été particulièrement mouvementée, à notre arrivée à Murann, j'ai décidé de laisser quartier libre à tout le monde avant de se rejoindre à l'auberge pour la soirée.
En ce qui me concerne j'ai pris le temps de discuter avec le clergé de Séluné des difficultés qu'ils rencontrent dans leur lutte contre le pouvoir en place à Murann. Ils sont le fer de lance de la résistance contre les deux ogres mages qui tiennent une partie de la ville. Une cause juste qui mérite le soutien et la bienveillance de nos puissances tutélaires.


Nous avons terminé la journée dans une auberge rudimentaire qui ne manquait toutefois pas de confort, enfin une véritable nuit dans un vrai lit.
Et cette fois j'ai pris la précaution de ne pas mettre Mlle Andariel dans la même chambre que nous, qu'elle mette son casque rempli de pièce sur sa propre porte cette fois.
Foransor semblait un peu mieux ce soir, ses blessures le font encore souffrir, mais les soins divins prodigués dans l'après midi l'ont beaucoup aidé.
J'espère que la nuit lui sera réparatrice.


Gerlin

Le journal de l’expédition - 2e jour

Monday, April 4th, 2011

Jour 2, le village fantôme



Eh bien tout d'abord, je tiens à le noter ici, au cas où je l'oublierais à notre retour. Je n'ai jamais aussi bien dormi que la nuit dernière, c'est inattendu mais une feuille suspendue à dix mètres du sol est une excellente couche. Cela étant, j'ai vue toute ma vie défiler devant mes yeux ce matin lorsqu'il a fallu que je redescende seule jusqu'à la terre ferme.


Cette expédition n'est résolument pas partie sous la bienveillante bénédiction de Shaundakul.
Ce soir, alors que Galenel nous affirmait que nous étions arrivés au village de Torgrin. Il n'y avait que la route à perte de vue, aucun village en vue. Être accompagnés par une guide et se perdre au deuxième jour, c'est tout de même un comble.
Après s'être séparés à la recherche de ce village fantôme, Paldeles, Bori et notre adonis revinrent victorieux. Le village hobbit était simplement à quelques cinq cents mètres dans la forêt.
J'ose espérer que notre chère guide saura trouver plus facilement la grande cité de Murann, notre prochaine étape.


Afin de mettre en sécurité nos chariots pour la nuitée, nous avons été forcé de les démonter afin de les faire passer entre les arbres. Foransor a été très habile à la tache, bien que nous l'y avons aidé.


Nous avons ce soir goûté aux plats typiques du village, à base de viande de chèvre pour l'essentiel, ainsi que quelques alcool locaux. Un très bon repas, qui a toutefois mis à mal nos finances, je veillerais demain soir à commander le repas moi-même.


Le journée fut harassante, nous ne tardons pas à rejoindre nos chambres.
Et la mauvaise surprise de cette nuit est double, d'une part les lits ne sont pas à notre taille, ce ne sont que des lits de hobbits et d'autre part notre chère Andariel à décidé de mettre son casque, rempli de pièce sur la poignée de la porte. Selon elle, ce dispositif nous évitera une visite importune durant la nuit.
Je veux bien croire que notre sécurité soit importante, toutefois dans un village si accueillant, je doute que nous courrions un quelconque risque. Et surtout, comment allons nous faire si une envie pressante nous réveille durant la nuit!
La nuit s'annonce difficile...


Gerlin

Le journal de l’expédition - 1er jour

Saturday, April 2nd, 2011

Jour 1, Linrairion, le village antédiluvien



Et voilà, nous sommes à 90km de notre bonne cité, c'est là première des 116 nuits qui nous attendent avant notre retour parmi les nôtres.
Mon écriture sera probablement un peu hésitante ce soir, non pas que cela me bouleverse, mais notre couche est quelque peu inhabituelle. Mais commençons par le début.


Tout d'abord, notre expédition compte un membre de plus, en effet nous sommes finalement 10 à prendre la route.
Hier, à l'heure du déjeuner, Durlan me faisait part d'une discussion qu'il avait eu avec Ferlon, mon supérieur. Durlan avait besoin de faire parvenir un présent à un ami dans le village de Ruiri, il avait dépêché pour ce faire un jeune prêtre de son culte qu'il allait faire le voyage en son nom.
L'affaire avait été négociée, sans m'en faire part bien évidemment mais c'est un problème que nous qualifieront de secondaire... Afin d'assurer la sécurité de son émissaire et du présent qu'il transportait, Durlan avait demandé à ce que ce jeune prêtre nous accompagne, profitant que le village de Ruiri était sur notre chemin.
C'est ainsi que ce matin, nous vîmes arriver, cheveux aux vents, l'apollon au regard profond qui devait prendre la route avec nous.
Durlan est un saint homme, j'aurais du m'en douter.


Soit soit, je m'égare...
Nous prîmes la route sans tarder plus que de raison, et après une longue journée sur la route, qui fut l'occasion de faire plus ample connaissance avec mes compagnons de carriole.
Nous arrivâmes à notre première escale, le petit village de Linrairion.
Première surprise de notre voyage, ce petit village semble ne jamais avoir connu la technologie. Nous avons été accueillis par l'ancien du village, un elfe si vieux qu'il devrait probablement être mort depuis bien longtemps. Il s'exprimait dans un langage semblant emprunter quelques mots ou syllabes à l'elfique. Je parle pourtant couramment l'elfique, mais même notre interprète semblait perdue. Heureusement, l'elfe qui l'accompagnait, et sans doute lui évitait aussi de s'écrouler, parlait commun, même si c'était avec un accent affreux.


Après quelques discussions, le chef du village accepta de nous offrir le gîte pour cette nuit. Toutefois, le village ne disposant pas d'auberge, nous allions devoir dormir chez des autochtones. Qu'à cela ne tienne, ils sont peut-être atypiques, mais ne sont pas méchant, et après tout, un lit est un lit. Du moins je le croyais.


A l'heure du repas, nous avons été conviés à une fête en notre honneur, un banquet réunissant tout le village. Si ils nous ont servis des fleurs et des racines, ce n'était pas tout. Des insectes grouillants, des araignées, des vers, tout ça enfermés dans de large plats en bois recouvert de feuilles.
Palagern semble s'être régalé, il a goûté à tout m'a t-il dit, pour ma part, je suis à la fois dégoûtée et affamée.
Cela me fait penser qu'avec tout ça j'ai oublié d'acheter de la nourriture pour demain, mais je crois que personne ne m'en voudra pour cette fois. Et nous avons encore assez de nourriture pour tenir jusqu'à demain soir.


Le repas a été ponctué de danses et de chants tout aussi insolites que les elfes qui les interprétaient. Puis nous somme montés nous coucher, le pire était encore à venir. Pour atteindre nos "chambres", ils nous fallait monter une échelle de branches grossièrement clouées sur des arbres, pour finalement arriver à ce qui devait être nos "lits". Une grande feuille attachée de part et d'autre à des arbres distants de quatre bon mètres, le tout évidemment suspendu au dessus du vide.
Je n'ai rien contre un hamac, lorsque celui-ci est fait d'un bon tissu et qu'il s'élève à trente centimètres du sol.
La nuit promet d'être longue.


Gerlin